Business > Créer une filiale à l’étranger : 10 points d’attention pour l’entreprise suisse

Créer une filiale à l’étranger : 10 points d’attention pour l’entreprise suisse

Créer une filiale à l'étranger pour l'entreprise suisse

Jean-Marc Sabet

Temps de lecture : 8 min

Sommaire
    Add a header to begin generating the table of contents

    Jean-Marc Sabet

    Temps de lecture : 8 min

    Sommaire
      Add a header to begin generating the table of contents

      Étape majeure dans le processus d’expansion d’une entreprise, la création d’une filiale à l’étranger implique de prendre un grand nombre de précautions en amont de toute prise de décision.

      Depuis plusieurs années, votre société s’est développée en Suisse et voilà qu’aujourd’hui, vous sentez qu’il est temps d’investir de nouveaux marchés afin de poursuivre votre croissance ! 

      Si cette solution peut sembler séduisante et rentable, identifier et pénétrer le marché adapté à votre offre de façon adéquate demande une planification des plus solides. Zoom sur les 10 points clés à étudier avant de vous lancer.

      #1 Identifier ses objectifs et contraintes

      Avant même d’entreprendre l’expansion de votre entreprise à l’étranger, la première question à vous poser est celle de vos objectifs : de quelles ressources disposez-vous, aussi bien sur le plan budgétaire que sur les plans humain et temporel ?

      En effet, l’implantation d’une filiale à l’international présente des coûts qui se doivent d’être rentabilisés sur le long terme. 

      Il est donc capital d’être en possession des outils de pilotage nécessaires à l’élaboration de ces coûts, tels que :

      • des logiciels de gestion de trésorerie ;
      • des plans prévisionnels ;
      • des tableaux de financement par projet.

      En complément de cette vision interne à votre société, il est important de dresser une liste exhaustive des territoires potentiels pour votre expansion, afin de mener une étude de marché approfondie sur ces derniers.

      Profil de votre clientèle sur place (persona du consommateur type), concurrence locale, problématiques liées aux coûts logistiques et loyers… Autant de facteurs clés pour déterminer les modalités de votre déploiement et adapter votre budget.

      En outre, il sera primordial pour le bon développement de votre filiale, de recruter (ou d’envoyer) les bons profils à l’étranger : la compétence professionnelle ne fait pas tout, il s’agira d’être capable de s’adapter culturellement une fois sur place !

      #2 Culture locale

      Le décalage entre les normes sociales et culturelles suisses et celles de tout autre pays peut être important. Ainsi, songez à étudier en amont :

      • Les mœurs culturelles. Afin d’entretenir des relations au beau fixe dans le pays hôte, il est important de vous renseigner en amont sur les comportements acceptés ou, au contraire, mal perçus dans le monde des affaires. De même, acquérir une connaissance historique et culturelle du pays vous aidera à mieux vous intégrer afin de travailler dans un climat propice.
      • Les horaires de travail. La vision du temps de travail n’est pas la même partout : s’il est coutumier dans certains pays de manger devant son poste de travail, cette pratique est par exemple perçue comme impolie dans les Pays-Bas. De plus, les temps de pause et horaires peuvent varier d’un pays à l’autre. À vous d’instaurer un équilibre afin de conserver la motivation et l’efficacité de vos salariés à leur paroxysme.
      • Les méthodes de travail. Bien que plusieurs pays d’Europe occidentale fonctionnent de façon plus bureaucratique et structurée, le type d’organisation au travail n’est pas le même partout. Dans certaines régions, la notion du temps ainsi que la rigueur au travail ne sont pas les mêmes. Il sera alors important de faire preuve de souplesse pour établir des compromis qui permettent d’honorer vos contraintes temporelles et qualitatives tout en respectant la culture professionnelle locale.
      • Les normes relationnelles. Si certains territoires sont propices à la rencontre et à l’accueil des étrangers, tel n’est pas le cas partout : le processus d’intégration peut être plus ou moins long. Le cas échéant, vous devrez faire face à certains blocages relationnels avec les populations locales (clientèle, fournisseurs, partenaires…) et devrez faire preuve de patience pour gagner leur confiance.

      Outre ses particularités culturelles, un pays sera plus ou moins avancé sur les plans technologique, sanitaire et social. Veillez donc à prendre ces paramètres en compte afin de préserver vos conditions de travail (voire votre sécurité).

      En effet, évoluer dans un environnement sans accès à l’internet, dans un climat propice aux catastrophes naturelles et à la propagation de maladies, avec un contexte social tendu pourrait vite nuire à votre expansion si tous ces critères ne sont pas pris en compte en amont !

      #3 Législation locale

      Parce que de la même manière que pour l’importation, ce sont les normes législatives du pays d’accueil qui font acte pour la création de filiales à l’étranger, il est vital d’être en connaissance de la juridiction locale.

      Bon à savoir : Pour tout connaître sur les procédures d’importation, découvrez notre guide complet sur l’import/export en Suisse en 2021.

      Selon le pays de votre choix, les règles en matière d’expatriation, d’économie, d’imposition ou encore de protection sociale ne seront pas les mêmes. Être en connaissance de ces normes vous évitera de nombreux blocages et coûts imprévus lors des phases de création et de croissance de votre filiale.

      #4 La filiale

      Passer par l’ouverture d’une filiale permet à l’entreprise mère de détenir un droit de contrôle sur toute activité menée par la nouvelle société. Cet avantage va de pair avec le fait que tout litige commercial potentiel subi par la filiale n’implique qu’une responsabilité pénale limitée du siège social.

      De plus, les bénéfices ainsi accumulés par les filiales sont aisément transférés à la maison mère, ce qui facilite grandement la mise en place de toute stratégie de développement à grande échelle.

      L’implantation d’une filiale dans le pays cible est donc bien souvent une solution qui s’impose d’elle-même. Néanmoins, d’autres options s’offrent au dirigeant d’entreprise désireux de pénétrer de nouveaux marchés à l’étranger.

      #5 L’entreprise indépendante

      Bien que plus coûteux, chronophage et complexe, le processus de création d’une entreprise totalement indépendante “from scratch” présente certains avantages quant au libre choix de fixer son statut juridique.

      Nouvelle forme juridique, nouveau personnel, nouveau réseau de partenaires locaux, nouveau marché… Investir dans la création d’une entreprise indépendante permet de revêtir une identité plus adaptée au marché ciblé.

      Parce que les acteurs de votre nouvelle entreprise seront recrutés sur place, l’intégration au contexte culturel local posera bien moins de problèmes que dans le cas de l’implémentation d’une filiale. Ainsi, les frais à supporter seront eux aussi plus faibles.

      #6 Le rachat d’entreprises locales

      Enfin, la troisième option consisterait à racheter une entreprise locale déjà existante. En investissant directement sur place, vous procédez à une augmentation de capital de l’entreprise déjà existante sous forme d’actions.

      Le poids en capital ainsi acquis donne alors un pouvoir décisionnel, sous condition du respect des normes d’investissement prévues dans les statuts de la société.

      Bon à savoir : Pour contourner les éventuels écueils de ce processus juridique complexe, mieux vaut se faire accompagner par un avocat spécialisé dans le droit social, juridique et fiscal.

      Une telle opération comporte de nombreux avantages qu’une filiale ou création d’entreprise n’offrent pas :

      • Des risques diversifiés. Les risques dus à une potentielle instabilité économique ou politique sont plus aisément gérables puisque les coûts seront alors répartis au travers de vos différentes succursales. De la même façon, le risque de change est dilué et vos opérations de change optimisées, pour peu que vous ayez recours aux services d’un prestataire qualifié tel que b-sharpe.
      • Une compétitivité accrue. Qui dit marché différent, dit pratiques différentes. Profiter du savoir-faire d’une entreprise locale déjà existante est donc susceptible de vous apporter de nouvelles connaissances transférables à vos processus de production en Suisse.
      • Une meilleure intégration locale. Puisque l’entreprise est déjà présente et active sur le marché ciblé, celle-ci est déjà au cœur des réseaux d’acteurs locaux : cette situation épargne un travail considérable dans le cadre d’une implantation à l’étranger. De même, vous n’aurez aucun besoin de recrutement à assurer.

      À l’inverse toutefois, vous aurez à assumer des coûts élevés dus à la prise en charge des salaires, du loyer de vos locaux, des frais d’entretien ou encore de la taxation locale. De plus, il faudra rester vigilant quant aux variations des taux de change, notamment dans votre procédure de facturation.

      En outre, bien que reprendre une société déjà existante permette de s’inspirer de nouvelles pratiques, une telle acquisition peut également comporter son lot de difficultés financières et de dettes à rembourser : l’idéal reste alors de procéder à un audit en amont de l’achat.

      Enfin et parce que la confiance n’exclut pas le contrôle, il est important de conserver le secret de vos propres processus de production en veillant à filtrer la circulation des informations depuis la société mère vers l’entreprise locale.

      #7 Type de société

      Un paramètre qu’il est important de prendre en compte pour choisir judicieusement la meilleure solution d’investissement est le type de société que vous souhaitez acquérir à l’étranger.

      S’agit-il de bureaux ? D’une usine ? D’une boutique ? Selon les cas, la question des processus de production et de l’intégration culturelle sur place n’aura pas le même poids.

      Pour répondre à cette interrogation, il est nécessaire d’effectuer en amont un état des lieux complet de votre stratégie commerciale. L’établissement de plusieurs scénarios financiers à court, moyen et long terme vous permettra ainsi de mieux caractériser les coûts et bénéfices engendrés par votre investissement.

      À noter : Gardez à l’esprit que le Retour sur investissement (ROI) est une notion clé dans votre processus de prise de décision !

      #8 Partenaires locaux

      Parce que la création d’une filiale à l’étranger n’est que le début de votre processus d’expansion, le choix de vos partenaires locaux aura un impact sur le temps long et sera donc décisif dans votre croissance à l’international.

      Là encore, comme pour le choix du pays d’implantation, il s’agira d’élaborer une analyse du marché afin d’acquérir une vision panoramique des différents interlocuteurs potentiels avec lesquels vous pourriez collaborer.

      Pour vous accompagner dans votre prise de décision, il peut être judicieux de dresser une liste des candidats à un partenariat potentiel. 

      Cette liste vous aidera ensuite à prioriser vos choix selon divers critères, à savoir :

      • leur renommée sur le marché investi ;
      • leur place dans les réseaux locaux ;
      • leur niveau d’efficacité et de réactivité ;
      • leur niveau de valeurs éthiques ;
      • leur maîtrise de diverses langues ;
      • leurs compétences en management d’équipe ;

      À noter : Il est important que vous personnalisiez cette liste selon le secteur dans lequel vous évoluez afin de mieux identifier les profils intéressants.

      Bien que cette étape vienne après la création de votre filiale, il peut être légitime de procéder à ce benchmark en amont et dans les différents pays envisagés afin d’éviter de lourdes pertes financières.

      #9 Objet social

      Même si généralement, les filiales créées à l’étranger reprennent un objet social identique à celui de la maison mère, cela n’est pas toujours le cas. Ce choix se fera compte tenu des activités menées par la filiale après sa création ou son acquisition.

      Les statuts sont quant à eux fixés par le Conseil d’administration (CA) depuis la société mère. Dans le cas où l’objet social diffèrerait du sien, une Assemblée générale extraordinaire (AGE) est nécessaire pour valider cette décision.

      #10 Forme juridique

      Si l’objet social ainsi que les statuts peuvent donc être définis en fonction de la législation helvétique, il en est autrement pour la forme juridique de votre filiale, qui de son côté devra respecter les normes du pays d’implantation sélectionné.

      Attention : La fiscalité, les conventions ainsi que les formalités de constitution de votre dossier sont à étudier attentivement selon la documentation fournie par le pays d’accueil. Un mauvais choix pourrait avoir de lourdes conséquences sur vos bénéfices à long terme !

      À présent, vous connaissez tout des différents points d’attention à traiter dans votre projet d’élargissement à l’étranger. Il ne vous reste plus qu’à respecter consciencieusement chacune de ces étapes !

      Toutefois et parce que dans le cadre d’une expansion à l’international, les flux financiers sont monnaie courante, il est capital d’optimiser chaque opération de change. Ainsi, b-sharpe met à votre disposition les meilleurs outils de conversion de devise afin de renforcer votre épargne d’entreprise !

      Laissez un commentaire