Pédagogie > Les différents frais bancaires que vous ne connaissiez peut-être pas

Les différents frais bancaires que vous ne connaissiez peut-être pas

fraisbancaires1

Claire Delpierre

Content & Community Manager

Temps de lecture : 3 min

Sommaire
    Add a header to begin generating the table of contents

    Que ce soit lié aux réglementations fiscales, aux types d’opérations bancaires elles-mêmes ou aux politiques commerciales de certaines banques, mieux vaut vous savoir informé sur certains frais bancaires que vous pourriez découvrir une fois prélevés. Comme le dit l’adage, « un client averti en vaut deux ».

    Plutôt que d’établir une liste fastidieuse et non exhaustive des frais bancaires, nous vous aidons à y voir plus clair dans certaines pratiques encore loin d’être transparentes ou tout du moins, moins avantageuses qu’elles ne laissent le croire.

    Peu de particuliers comparent vraiment les frais liés aux services bancaires

    Selon une étude sur le change de devises en Suisse réalisée en 2016, qui – de notre point de vue – est encore largement d’actualité, sur les 72% de particuliers qui changent la moitié ou plus de leur salaire vers la France, 59% d’entre eux placent le coût de change de devises en critère déterminant pour le choix d’un type de service.
    Or, très peu de clients particuliers comparent réellement les taux de change, les marges et les frais bancaires directs ou indirects : 35% des particuliers interrogés n’ont jamais comparé les frais des différents services et seulement 11% le faisaient avant chaque transfert.

    La manne est colossale : avec des frais moyens compris entre 3 et 3,8% en passant par leur banque, un particulier touchant un salaire de 5’000 francs économiserait entre 900 et 1’200 euros de frais de change par an en passant par b-sharpe plutôt que par leur banque.

    Les frais liés à la domiciliation à l’étranger

    Tous les particuliers ont pu constater que ces dernières années leurs frais bancaires ont considérablement augmenté. Et cette augmentation concerne pratiquement tous les postes de dépense. Pour des raisons de réglementation et de contrôle, la décision d’automatiser les échanges d’information fiscale entre la Suisse et la France a notamment eu un impact inflationniste sur les frais administratifs de tenue de compte.

    Ces personnes se sont vues facturer des « frais de relevé fiscal » ou des frais pour « client domicilié hors de Suisse ». Sans prétendre aucunement que ceux-ci ne sont pas justifiés, ils sont très volatiles et variables d’un établissement à un autre.

    Suite à l’échange d’informations fiscales instauré entre la Suisse et l’Europe, les banques ont dû faire face à une charge administrative et régulatrice supplémentaire qu’elles assument pour des clients ayant un domicile à l’étranger. La majorité des banques suisses facturent ainsi des frais supplémentaires aux clients domiciliés hors de Suisse. Les Suissesses et les Suisses vivant à l’étranger n’en sont généralement pas exclus. Ainsi, en plus des « traditionnels » frais de tenue de compte et frais de carte bancaire – de débit ou de crédit – se rajoutent des frais de domiciliation.

    Là encore, bien que le secteur bancaire soit très réglementé ne serait-ce que par l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), chaque banque est libre de fixer ses frais de gestion et ses marges. Charge à elle de les rendre explicites à tous ses clients.

    À titre d’exemple, pour certaines banques ou certains établissements bancaires en Suisse, il vous faut compter de 300 à 480 francs de taxes par année et par compte suisse, pour les clients domiciliés à l’étranger.

    Dans ces cas précis, ces taxes sont encourues par client, indépendamment de la fortune et du pays de domicile. Mais attention, les taxes ne valent pas par relation bancaire, mais par compte. Entendez compte pour le trafic des paiements, privé ou commercial.

    Sachez que les frais d’un compte salaire ou compte courant dépendent aussi de son montant, de la possession d’un compte d’épargne, d’un 2e et 3e pilier ou d’un patrimoine. Au-delà d’un certain seuil, variable selon les établissements, les frais se réduisent ou disparaissent.

    Les offres dédiées aux particuliers travaillant en Suisse : pas de réelle gratuité, mais des frais intégrés

    Nous avons pourtant essayé, et nombres d’enquêtes d’investigation avant nous, de comparer réellement les tarifs des comptes bancaires en francs suisses. Un peu comme les opérateurs téléphoniques, il semble que tout le monde travaille très dur pour rendre les offres non comparables entre-elles.
    Cela s’avère en effet d’autant plus difficile à comparer que certains établissements recourent à :

    • des packages tout compris,
    • des systèmes de fidélisation,
    • des formules avec gratuité la première année pour séduire…

    Soyez particulièrement attentifs aux partenariats privilégiés avec des assurances, aux points bonus offrant des ristournes, aux prix des retraits dans des bancomats d’autres banques (ainsi qu’au nombre de ces bancomats), aux frais des cartes de paiement, et ceux des virements internationaux…
    Gardez à l’esprit que ces offres sont valables pour une durée limitée. Sans compter que changer de banque est souvent tellement compliqué que beaucoup d’entre nous préféreront rester.

    La marge sur les opérations de change

    Comme vous le savez, les opérations de change ne sont pas gratuites et pourtant certains établissements financiers tablent encore sur des slogans dignes des opérateurs télécoms, promettant la gratuité. Le site web de comparaison et d’évaluation de services d’envoi d’argent – Monito – faisait état de pratiques d’opérateurs bancaires aux accroches savamment étudiées et quelque peu biaisées : « opération de rapatriement gratuite, virement en France sans frais, sans commission ».
    Nul n’est censé ignorer qu’au taux de change interbancaire officiel s’appliquent des frais de change, voire des commissions, généralement visibles et affichés.

    Les banques en ligne et néo-banques sont-elles plus transparentes ?

    Qui dit mise en concurrence ne dit pas nécessairement transparence, y compris après l’arrivée des pure players de la banque en ligne, ces nouveaux acteurs bancaires généralistes, 100% en ligne et néo-banques.

    Les offres d’appel « 100% gratuit » sont-elles vraiment aussi intéressantes qu’elles y paraissent ? Certes, les services de base (cotisation carte bancaire, retrait, paiement, consultation de son compte en ligne…) s’affichent en effet à 0 euro dans la plupart de ces établissements. Sauf qu’en y regardant de plus près, certaines prestations s’avèrent payantes.

    Si sans trop de surprise, ceux liés aux retraits et paiements hors de la zone euro sont payants, l’exceptionnel se paie cher : la fourniture de duplicata de documents bancaires, le renvoi du code confidentiel ou encore l’inactivité du compte… se voient facturés au prix fort.

    Ainsi, ne pas utiliser son compte en banque peut se révéler coûteux dans une banque en ligne. Plusieurs d’entre elles appliquent en effet des frais dans le cas où le client ne réalise pas suffisamment d’opérations dans un certain laps de temps : de 5 euros par mois si moins de 3 paiements ou retraits sont réalisés sur un mois à 20 euros si la carte bancaire n’est pas utilisée pendant 4 mois consécutifs.

    Laissez un commentaire