Sommes-nous en train d’assister à la fin du dollar ?

29.07.2020

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    La fin du dollar ?

    La récente chute du dollar précipite chez beaucoup d’investisseurs et d’observateurs la question suivante : assisterait-on au début de la fin (du dollar) ? S’il est indéniable que la pente est plutôt verticale – le DXY a perdu 7% depuis début mai, l’EURUSD a gagné 8.5% – il convient avant d’y répondre de s’interroger sur les fondements d’un tel questionnement, d’autant plus qu’il est récurrent à travers le temps.
    J’ai personnellement commencé sur les marchés en 2007 où l’EURUSD était payé 1.30 pour progresser jusqu’ à 1.60 en 2008 pour le revoir baisser jusqu’à 1.05 en 2015 et depuis le voir évoluer en dessous des 1.20.
    Des papiers sur la fin du dollar, il en a été publié (en voilà un de plus), mais leur mise bout à bout relève plutôt du ruban de Möbius que du papyrus de Westcar. L’éternel retour de cette question relève, selon moi, d’une forme de contestation récurrente de la prépondérance hégémonique du dollar dans les échanges internationaux et des avantages exorbitants qui en découlent pour les US.

    Quelques observations pour plus de clairvoyance :

    1. La suprématie du dollar s’est construite sur son leadership économique, politique et diplomatique post seconde guerre mondiale
    2. J’ai déjà évoqué le déclin d’une devise à propos du GBP en invoquant précisément le point précité
    3. Le prérequis à parler de déclin de l’USD est donc d’identifier son successeur. Quel pays peut aujourd’hui prétendre au rôle des US ?

    Cela étant précisé, certains facteurs observés actuellement invitent éventuellement à entrebâiller la porte du débat :

    1. La crise sanitaire dégénère de jour en jour aux É.-U.
    2. La situation économique s’aggrave de chiffre en chiffre
    3. Les relations diplomatiques entre la Chine et les É.-U. virent au pugilat
    4. L’Union européenne est arrivée à un accord sur un budget de soutien économique commun dont l’aspect remarquable demeure non seulement dans son aspect historique, mais également dans son ampleur inédite.

    Partant du postulat qu’une reprise de l’économie américaine était un préalable nécessaire à une reprise mondiale, les investisseurs s’étaient largement portés sur l’USD, d’où sa relative bonne performance au début de la propagation à travers le monde du virus. À contrario la récente appréciation de l’euro face au dollar est une conclusion logique des quatre derniers points évoqués plus haut.

    Cette fin de semaine va être particulièrement cruciale pour les États-Unis, avec un nouveau plan de relance attendu, les publications d’une grande partie des résultats des compagnies du S&P 500, et la conférence de presse du FOMC (Federal Open Market Committee) ce mercredi.

    Néanmoins, quelle que soit l’issue de cette semaine et plus largement de la crise, l’omnipotence du dollar ne s’éteindra qu’après une longue mutation de l’économie mondiale et de la politique internationale: 80% des échanges mondiaux sont libellés en USD, 60% des réserves mondiales en devises sont détenues en USD et en l’état actuel aucune autre devise n’est en mesure d’assumer le leadership et aucun pays ne peut raisonnablement prétendre assumer la doctrine diplomatique et militaire des États-Unis.

    Les Suisses favorisent le tourisme national

    Suite à la décision de plusieurs cantons d’obliger le port du masque, le conseil d’État genevois s’est prononcé vendredi 24 juillet et a durci ses mesures en rendant obligatoire le port du masque dans les commerces dès le mardi 28 juillet.

    Côté économique, les Suisses essaient tant bien que mal de favoriser le tourisme national en passant des week-ends et/ou des semaines dans les régions montagneuses et au Tessin. Le grand perdant est le tourisme urbain notamment à Genève et à Zurich. Afin d’attirer au maximum les touristes, le conseil d’État valaisan a décidé d’octroyer des bons de 100 CHF à toute personne séjournant au moins deux nuits dans un hôtel ou une semaine en camping. Ce bon est à faire valoir auprès des prestataires touristiques participants. Malgré une hausse potentielle de 10 à 15% du tourisme national, le manque à gagner sera tout de même conséquent compte tenu du fait que plus de la moitié des nuitées en 2019 ont été réservées par des étrangers.

    La paire EUR/CHF reste sur sa tendance haussière depuis maintenant deux semaines. Après avoir atteint 1.0825 lundi 27 juillet, elle s’échange actuellement à 1.0750. La raison principale de cette hausse vient de l’accord historique européen qui a fait grimper la monnaie unique et le désintérêt actuel des investisseurs sur la monnaie helvétique. La dévaluation du billet vert fait que la paire USD/CHF est sur sa tendance baissière depuis début juillet et s’échange actuellement à 0.9145, un taux que n’avions plus vu depuis mars 2020.

    Annonces et événements économiques - Juillet août 2020

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