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Une guerre aux portes de l’Europe

3 minutes de lecture

Évoqué à plusieurs reprises lors de nos précédentes analyses, le conflit Russo-Ukrainien, qui semble condenser l’ensemble des tensions géopolitiques mondiales, a pris un tournant décisif ce lundi 21 février suite aux déclarations unilatérales de la Russie qui reconnaît les territoires de Louhansk et de Donetsk à l’est de l’actuelle Ukraine indépendants.

Conséquence directe de cette déclaration, les troupes russes sont entrées dans les territoires concernés afin de « garantir la paix et la sécurité » des populations.

Les réactions internationales n’ont pas tardé à pleuvoir à la suite de ces annonces avec en tête le Royaume-Uni qui a directement annoncé plusieurs mesures de sanctions financières à l’encontre de l’oligarchie russe mais aussi des banques russes. Ces sanctions concernent entre autres le tout puissant Oligarque Guennadi Timtchenko, fondateur de Gunvor et actionnaire important de Novatek, deux géants énergétiques russes.

L’Allemagne n’a pas tardé à prendre la décision d’annuler la mise en service du gazoduc Nord Stream 2, mesure considérée comme la plus forte à l’heure actuelle en attendant la description exacte du « paquet » de sanctions européennes qui doivent, et je cite, « faire très mal à la Russie » selon le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell (Gel des avoirs, interdictions de visa, fin de relations économiques sont évoqués).

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La réaction américaine s’est fait attendre. Avec une bonne heure de retard par rapport à ce qui était prévu, Joe Biden a pris un ton solennel et ferme pour annoncer une série de mesures financières restrictives dont l’interdiction d’investissement en Russie pour les intermédiaires américains, le renforcement de la présence militaire américaine dans les pays baltes ou encore de l’aide en équipement militaire de défense envoyé en Ukraine.

Toutes ces mesures ont été décrites comme une première étape de sanctions suite aux déclarations de Vladimir Poutine et sont très susceptibles d’évoluer au fur et à mesure des changements dans cette guerre non nommée. Elles visent essentiellement l’économie russe et tout particulièrement le secteur énergétique, moteur de l’économie mais cherchent aussi à affaiblir la position politique de Vladimir Poutine au cœur même de son pays. L’opinion russe étant déjà fatiguée par les années de conflit au Mali, en Syrie et en Ukraine, peut avoir un impact bien plus important que celui souvent imaginé.

En ce matin du 24.02.2022, réveil douloureux en Ukraine suite aux bombardements systématiques de l’ensemble des infrastructures militaires dans tout le pays par la Russie qui avait promis une riposte forte, pas forcément symétrique mais douloureuse face aux sanctions américaines.Nous semblons nous diriger droit vers une invasion terrestre du territoire Ukrainien. Cette attaque a suivi la diffusion nocturne d’une allocution de Vladimir Poutine à 4h du matin. La liste de sanctions européennes, onusiennes, et américaines devrait encore s’allonger à la suite de cette intervention terrestre. La guerre frappe donc aux portes de l’Europe.

Impact économique

La Russie est un acteur majeur dans les matières premières. C’est simple, elle produit à elle seule 10% de la production mondiale de pétrole, seconde en production de gaz et d’aluminium dans le monde et représente avec l’Ukraine 32% de la production mondiale de blé. Les variations font grimper l’or noir (Brent) à 105$ le baril (plus haut depuis sept ans). L’indice ci-dessous, qui regroupe un panier de 19 matières premières avec 41% allouées à l’agriculture, 39% à l’énergie et 20% aux métaux, est la preuve que les prix sont au plus hauts depuis 10 ans et pourraient avoir un impact sur les ménages (prix à la pompe, prix du gaz, des biens de consommation (pâtes, pain,) etc.

Évolution sur les paires de devises

Évolution EUR / CHF

La monnaie unique est encore sous pression car en cette période d’incertitude, les valeurs refuges sont très recherchées. La paire EUR/CHF sur le court terme est en chute libre depuis deux semaines et atteint une chute à 1,0291 cette nuit lorsque Monsieur Poutine a décidé d’envahir l’Ukraine. Les 1,0300 sont actuellement un support important sur le très court terme. La paire s’échange actuellement à 1.0315.

Évolution USD / CHF

La paire reste toujours dans son triangle et fluctue peu sachant qu’elle représente deux valeurs refuges. Elle pourrait néanmoins varier dépendamment des prochaines étapes de la guerre actuelle. La paire s’échange actuellement 0.9230.

Évolution GBP / CHF

Les tensions en Ukraine montrent les incertitudes du marché quand nous nous basons sur l’intervalle de 30min sur le graphique. En prenant un intervalle de temps plus petit, il est possible de voir d’énormes fluctuations. Le 23 février le marché était à un taux de 1.2547 dans la matinée à son plus haut et est descendu vers le milieu d’après-midi jusqu’à 1.2440. Ce qui représente une différence de 107 points en l’espace de quelques heures. Une énorme volatilité s’installe après les sanctions dictées par Boris Johnson. D’un point de vue macro, la paire fluctue entre deux seuils depuis le début d’année. Un support se trouvant à 1.23 et une résistance qui se trouve au niveau de 1.26 où les forces du marché ne semblent pas vouloir casser ces deux seuils symboliques pour le moment. La paire s’échange actuellement à 1.2365.

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