Les 7 mesure que peut prendre une PME suisse pour reduire son risque de change

Depuis le 15 janvier 2015, date de la fin du taux plancher euro franc suisse décidée par la Banque Nationale suisse (BNS), les entreprises suisses qui exportent souffrent, et les variations du taux de change euro franc suisse ainsi que le franc suisse fort sont plus que jamais difficiles à maîtriser pour les PME suisses qui sont de plus en exposées au risque de change. Par nature, la plupart des PME exportatrices sont sensibles aux variations de leur cash flow, et ces variations de change touchent en général les marges.
Voici une liste de quelques mesures qui peuvent, dans une certaine mesure et selon la situation de l’entreprise, lui permettre de réduire son risque de change et son exposition.

Réduire ses frais pour les opérations au comptant en passant par un service de change à taux réduit

La méthode la plus simple qu’ont les PME suisses pour limiter leur risque de change, c’est la mise en place d’une opération de change au comptant (spot). Cela évite d’une certaine manière de voir évoluer défavorablement le cours pour l’entreprise, mais l’empêche également de bénéficier d’une évolution du cours de change à son avantage. Autre avantage de cette méthode : la PME n’a besoin de mettre en place d’instruments financiers complexes. Pour que ce type de méthode soit réellement avantageuse, nous vous conseillons de passer par un service de change à frais réduits, comme b-Sharpe, ce qui permettra de réduire en moyenne de 70% les frais de change pratiqués par les intermédiaires habituels.

La vente à terme (ou contrat à terme) pour protéger sa trésorerie

L’un des outils les plus simples que peut mettre en place une PME pour réduire son risque de change, c’est la vente à terme (Forward). La vente à terme est un contrat de gré à gré que la PME passe avec une banque ou un intermédiaire financier, et qui prévoit, contractuellement, pour une période donnée, et pour un montant donné, le taux de change qui sera appliqué ainsi que la fréquence (mensuelle, trimestrielle, annuelle).
Par exemple, une entreprise genevoise qui exporte dans l’Union européenne et qui est payée tous les trimestres par ses clients pourra mettre en place une vente à terme sur 12 mois avec une fréquence de change trimestrielle. Dans ce cas, le taux de change euro franc suisse que la banque appliquera pour les opérations de change sera déterminé à l’avance, ce qui donne une visibilité de trésorerie à l’entreprise et l’empêche de trop subir les variations du cours euro franc suisse.
L’avantage de cette solution réside dans sa simplicité : il suffit de passer un contrat avec sa banque, et il n’est pas nécessaire d’être un expert pour en comprendre le fonctionnement.
L’inconvénient, c’est son manque de souplesse car il faut bien sûr que l’entreprise possède la trésorerie pour effectuer ces opérations de change, et sur une durée qui peut être relativement longue (12 mois). C’est une solution potentiellement adaptée dans le cadre de contrats qui viennent d’être signés ou de contrats où la rentrée d’argent est stable et prévisible.

Les ordres à cours cible pour des achats ou ventes opportunistes

Les ordres à cours cible permettent de déclencher l’achat ou la vente d’une devise à partir d’un cours de change déterminé à l’avance. Ainsi, une PME exportatrice qui voudrait bénéficier d’une opportunité d’achat ou de vente d’une devise contre une autre à un cours très intéressant pourra mettre en place un ordre à cours cible.
Plus le besoin dans la devise est rapproché, plus il lui sera difficile de bénéficier d’une opportunité de cours intéressant par rapport au taux du marché. Avec un tel instrument financier, on parle plus d’optimisation de devises que de gestion.

L’achat ou la vente d’options pour réduire les variations d’une paire de devises

Les options sont des instruments dérivés qui permettent d’atténuer les variations d’une paire de devises. Si on s’attend par exemple à une baisse d’une devise par rapport au franc suisse, alors on achètera une option de vente (put) sur cette paire de devise, ou on vendra une option d’achat (call) sur cette même paire de devises. Une option possède un coût d’acquisition (la prime), qui est soit revendue, soit perdue en cas d’expiration de l’option, cette perte étant en réalité compensée par le gain potentiel effectué sur le taux de change.
La mise en place d’options pour se prémunir contre le taux de change implique des compétences spécifiques qui ne sont pas forcément à la porté de toutes les PME. Les banques, ainsi que certains intermédiaires financiers qui se sont spécialisés dans cette activité pourront vous apporter des solutions efficaces de couverture via l’achat d’options. Compte tenue de sa spécificité et des compétences qu’elle nécessite, c’est une activité qui peut difficilement être internalisée par les PME de petite taille.

La couverture contre les variations du taux de change ou « hedging »

Le « hedging » est une solution de couverture qui permet, par la combinaison de différentes techniques, de limiter le risque de change. Les techniques utilisées vont de la simple vente à terme, à des techniques de couverture par l’achat d’options. Ces techniques, plutôt complexes, permettent aux PME disposant d’une trésorerie significative (de plusieurs centaines de milliers de francs à plusieurs dizaines de millions de francs suisses) de réduire leur exposition au risque de change. Ces techniques de couverture ultra-personnalisées ne sont en général accessibles qu’à des professionnels, et mise en oeuvre par des spécialistes. Le coût de ces techniques représente jusqu’à 3% du montant à couvrir.

Créer une entité dans un des pays de l’Union européenne

Autre possibilité mise en avant par les spécialistes : une PME suisse qui exporte beaucoup dans l’Union européenne et qui en a les moyens peut décider d’implanter une société dans un des pays de l’Union européenne. Ce n’est pas forcément la solution la plus simple, ni la moins coûteuse, mais si l’activité d’exportation de la société est suffisamment importante et le nécessite, c’est une solution concrète qui permet notamment de faire basculer le risque de change de l’entité suisse vers celle-ci. Une telle entité peut abriter tout ce qui a trait à l’activité commerciale.
Dans le cas de sociétés dont la majeure partie de l’activité est exportatrice et tournée vers l’Union européenne, c’est une solution qui fait tout son sens, tout comme les sociétés qui sont en formation. Pour les autres, c’est une solution qui, en pratique, peut être difficile à mettre en oeuvre.

Accentuer son activité dans les pays où l’entreprise a une activité commerciale

Une PME suisse exportatrice qui aurait une activité importante dans un pays où elle a déjà une implantation (par le biais d’une entreprise locale filiale de la maison mère en Suisse) peut simplement faire basculer une partie des revenus et charges de l’entité suisse vers ses filiales. C’est ce qu’on appelle la compensation (appelée aussi « netting »).
Par exemple, une PME suisse qui exporte beaucoup en Allemagne, aura intérêt à transférer une partie de ses charges vers la filiale qu’elle possède dans le pays. Ainsi, elle aura besoin de procéder au change pour une partie de ses revenus seulement, l’autre partie étant compensée par les dites charges. Sur le plan organisationnel, cette mesure n’est pas neutre, et peut induire des modifications significatives, comme par exemple la mutation de personnel local vers ces entités.

Retrouvez également sur le site de la Confédération « Portail PME » un dossier spécial sur la couverture des risques d’import – export.

Résumé des 7 mesures de couverture de change

Technique de couvertureCoûtSimplicité de mises en œuvreProfil d’entreprisesAvantagesInconvénients
Passer une opération de change au comptant avec b-SharpeSelon le montant changé, de 0,06% à 0,50% (voir toutes nos conditions)Totale.
Les ordres peuvent être passés directement par l’entreprise
Indépendants
PME
– Coûts très réduits par rapport à une banque
– Rapidité des transferts
Evite les variations du taux de change et ne permet donc pas de bénéficier d’une éventuelle hausse
Vente à termeVarie selon les intermédiaires financiersGrandeIndépendants
PME
Pour les rentrées d’argent prévisibles (contrat par exemple), c’est une solution qui permet d’avoir une visibilité sur le taux de change, et donc une maîtrise budgétaireMobilise de la trésorerie
Passer un ordre à cours cibleVarie selon les intermédiaires financiersGrandeEntreprises disposant d’une trésorerie suffisante leur permettant d’avoir une approche opportuniste sur le marché des changesPermet de bénéficier de taux de change intéressantsPar nature, ce type d’opération est à envisager dans une optique d’opportunité plus que de gestion
L’achat ou la vente d’optionsVarie selon le coût de la prime et les variations du taux de changeMoyenne à complexePME d’une certaine taillePermet une couverture assez efficaceNécessite de passer par une banque
Hedging3% du montant à couvrirComplexeEntreprises disposant d’une trésorerie importantePermet la mise en place d’une stratégie de couverture assez préciseNécessite de passer par un intermédiaire financier spécialiste du sujet
Création d’une entité dans un pays de l’Union européennePotentiellement très importantComplexe– Entreprises ayant la taille et la surface financière suffisante pour créer une telle entité
– Entreprises exportatrices en formation
Permet de faire basculer tout ou partie du risque de change de l’entité suisse vers l’entité européenneSon coût
Netting (transfert des revenus et des charges de l’entité suisse vers l’entité européenne)Faible à moyenMoyenneEntreprises déjà implantées dans un pays de l’UEExploitation à moindre coût d’une filiale existantePeut induire des problématiques d’organisation significative (notamment en termes de ressources humaines)

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Crédit photo : iStockPhoto – Diane Diederich

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